26 novembre 2019 : Le nombre de cyclistes bondit de 54% en un an à Paris

C’est l’offre de pistes sécurisées (séparées du flot de voitures) qui permet aux citoyenNEs de s’approprier la ville et d’utiliser le vélo comme un moyen de transport et non un engin pour les promenades du dimanche.
EELV se bat depuis très longtemps pour obtenir des aménagements avec en ligne de mire une continuité des trajets de l’est à l’ouest et du nord au sud de la capitale et même au delà. Donner de la place au vélo nécessite un réaménagement des voiries par des plans de déplacement urbain volontaristes qui diminuent la place de la voiture.
Le projet Vélopolitain (projet de lignes de vélo à l’image des lignes de métro) va dans ce sens !


un article du Parisien, Par Sébastian Compagnon (avec Thibault Burban):

Les comptages montrent un bond du nombre de bicyclettes roulant dans la capitale. Une tendance de fond, partout en Ile-de-France. Il y a deux fois plus de trajets à vélo qu’à moto ou en scooter.

Un mardi matin dans Paris, à 8h45. De la rue d’Aubervilliers (Paris, XIXe) à la rue La Fayette (IXe et Xe), et de Sébastopol à Rivoli, les mêmes scènes se répètent aux heures de pointe : de longues files indiennes de cyclistes s’étendent sur les pistes protégées. Aux carrefours, de petits pelotons se forment, s’arrêtent, avant de poursuivre leur route.
Ce n’est pas qu’une impression. Le nombre de vélos a augmenté de 54 % entre septembre 2018 et septembre 2019, sur 56 sites équipés de compteurs par la mairie de Paris. En septembre, les compteurs enregistraient 1630 cyclistes quotidiens par tronçon en moyenne, contre 1030 un an plus tôt!

Là où de nouvelles pistes cyclables protégées ont été construites, la croissance est à deux chiffres. Rue de Rivoli, l’écran de l’appareil installé début septembre livre des données qui étonnent même les connaisseurs. 4570 vélos sont dénombrés chaque jour, avec un pic lors de la grève des transports du 13 septembre à 8340.

« Les cyclistes auparavant disséminés se rabattent sur les pistes sécurisées, observe Jean-Sébastien Catier, porte-parole de Paris en Selle. Sur un an ou deux, on manque encore de perspective, mais ces chiffres sont très encourageants ».
Plus de cyclistes en Ile-de-France que de passagers sur la ligne 1 du métro
Une analyse sur plusieurs années indique une hausse régulière de la pratique du vélo au quotidien. A Paris, la boucle de comptage la plus ancienne est située rue La Fayette. Sur ce long axe structurant du nord-est de Paris, la piste cyclable à voie unique a vu sa fréquentation croître de 161 % depuis 2014.

La récente Enquête globale transports, réalisée à l’échelle de l’Ile-de-France, confirme l’essor du vélo urbain entre 2010 et 2018. Le nombre de déplacements quotidiens à bicyclette a augmenté de 30 % sur cette période. Plus de 840 000 trajets sont effectués chaque jour en semaine, soit deux fois plus qu’à moto ou à scooter (420 000 déplacements). Un chiffre supérieur à celui de la ligne 1 du métro, la plus fréquentée, qui transporte 750 000 passagers par jour!

« Un adage dit :  » faites des aménagements cyclables de qualité, et vous aurez des cyclistes », savoure Christophe Najdovski, l’adjoint (EELV) aux transports de la Ville de Paris. On a la preuve que lorsque l’on donne les moyens aux gens de se déplacer vélo, ils le font. C’est une bonne nouvelle car ça permet de désaturer les transports. »

Pour Pierre, converti au vélo depuis quatre mois, « Paris peut devenir comme Amsterdam ! »
Pierre va quotidiennement au travail à bicyclette.
Parmi ces nouveaux cyclistes parisiens, Pierre ne passe pas inaperçu avec son vélo électrique équipé de… deux porte-bébés. Nous le rencontrons quai de Conti, sur la piste cyclable bidirectionnelle de la rive gauche.
« Je dépose mes deux enfants dans des écoles différentes avant d’aller au travail, lance cet Américain de 43 ans, qui travaille dans la capitale. Au retour, je ne les reprends pas toujours tous les deux. Là, je n’ai que Salomé. » Pierre s’est converti au «vélotaf» depuis quatre mois. « J’étais très voiture avant, mais Anne Hidalgo m’a convaincu, lance-t-il, enthousiaste. Il y a un vrai travail de réalisé pour la pratique du vélo. Je crois même que Paris peut devenir comme Amsterdam. » Cette conversion est allée jusqu’à la vente d’une des deux voitures du couple.
Pédalant depuis le Louvre, il s’apprête à quitter la piste bidirectionnelle pour rejoindre la rue Saint-Jacques. « Ces nouvelles infrastructures sont vraiment bien faites et sécurisantes », souligne-t-il. Un seul bémol : « Les intersections, notamment avec les touristes qui ne sont pas forcément habitués et qui traversent sans regarder… » Mais pas de quoi enlever le sourire de Pierre : « Quelle vue quand même : le Louvre, la Seine… C’est beau ! »

Remonter