28 novembre 2019 : Pour les JO de Paris 2024 de nombreux chantiers doivent encore être lancés

Dans cet article du Monde, on apprend que les travaux nécessaires pour le projet d’aménagement de la colline d’Elancourt raserait 10 hectares de forêt !

nous ne pouvons pas laisser faire ce massacre de nature !

le projet de Chamonix a beaucoup plus d’attrait !

un article du Monde, Par Nicolas Lepeltier Publié le 23 novembre 2019

Outre le village olympique, Solideo doit également bâtir un village des médias, le nouveau centre aquatique et rénover le Stade de France.

Les Jeux olympiques (JO) de Paris 2024 s’appuieront sur 95 % de sites temporaires ou déjà existants, ce qui était l’un des points forts de la candidature parisienne. Outre le village des athlètes, tour d’horizon des principaux autres chantiers.

Le village des médias :
Deuxième plus vaste projet d’aménagement du territoire après le village des athlètes, le village des médias sortira de terre sur les communes de Dugny, Le Bourget et La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Quelque 1 300 logements bas carbone seront construits à Dugny, soit 90 000 mètres carrés de bâtiments, pour héberger 2 800 journalistes du monde entier à proximité du futur centre des médias (Parc des expositions du Bourget) et des sites de compétitions de tir (La Courneuve) et de volley-ball (Le Bourget).
Après les Jeux olympiques et paralympiques, les logements seront convertis en un nouveau quartier de 4 000 habitants. « On veut réinventer la cité-jardin du XXIe siècle », a vanté Nicolas Ferrand, le directeur général de la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), début octobre, lors de la commercialisation des terrains aux promoteurs. Le nouveau quartier, qui comprendra commerces de proximité, écoles et logements (dont 20 % de logements sociaux), sera desservi par le Grand Paris Express et le tramway T11. Il est toutefois peu probable que la ligne 17 du métro soit terminée avant 2024. Par ailleurs, les opposants au projet dénoncent l’urbanisation d’une partie de l’espace public de l’Aire des vents, non loin du parc Georges-Valbon où a lieu chaque année la fête de L’Humanité.
Le coût de l’aménagement des espaces publics du village des médias est estimé à 115 millions d’euros pour la Solideo, qui fera connaître à la fin mai 2020 le choix des promoteurs retenus, pour un lancement des travaux au 3e trimestre 2021.

Le centre aquatique olympique :
Le futur centre aquatique olympique (CAO) sera construit à la plaine Saulnier (Seine-Saint-Denis), près du stade de France, auquel il devrait être relié par une passerelle piétonne au-dessus de l’autoroute A1. Il comprendra au total cinq bassins, dont trois temporaires. La structure temporaire sera composée d’un bassin de 50 m pour la natation et de deux d’échauffement et pourra accueillir 15 000 places pendant les Jeux. Le coût de sa construction, qui reste encore à chiffrer, sera supporté à 100 % par le Comité d’organisation de Paris 2024.
D’une capacité de 5 000 places assises ramenée à 2 500 sièges après les Jeux, la partie pérenne comprendra, elle, un bassin de 50 m – pour la natation artistique et le water-polo notamment – et un bassin de plongeon de 25 m. Les travaux, financés par l’investissement public, sont estimés à 113 millions d’euros (passerelle comprise) par la Solideo. Difficile à ce prix, rétorquent les grands groupes de construction consultés, Vinci, Bouygues et Suez. Une rallonge budgétaire, à laquelle se refusent pour l’instant les pouvoirs publics, est à prévoir. De quel montant ? De source proche du dossier, on estime le surcoût à une trentaine de millions d’euros, sans faire trop de concessions sur les exigences bas carbone.
Pour les Jeux de Londres, la facture de la piscine, initialement estimée à 82 millions d’euros, avait gonflé à plus de 300 millions. Quant au centre aquatique olympique des JO de Tokyo, qui doit être terminé d’ici à fin février et pourra accueillir 15 000 spectateurs, le coût avoisine les 500 millions d’euros. Difficile de ne pas en conclure que le devis du CAO de Paris 2024 a été sous-évalué. Les travaux doivent débuter au 1er trimestre 2021 et se terminer fin 2023.

Rénovation du Stade de France :
Inauguré pour la Coupe du monde 1998, le Stade de France (SDF) sera au cœur des JO de Paris 2024 puisque l’enceinte accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture et les épreuves d’athlétisme. Dans cette perspective, le consortium privé – formé par Vinci et Bouygues – chargé de l’exploitation du Stade de France souhaitait une modernisation à grands frais de l’enceinte sportive : 450 millions d’euros, que le consortium s’engageait à débourser en contrepartie d’une poursuite de sa concession.
L’Etat, propriétaire du SDF, n’entend pas prolonger après 2025 le contrat d’exploitation du stade, et envisage même, après les JO, sa vente pure et simple. A la place d’un lifting en profondeur, le gouvernement propose un toilettage de l’enceinte sportive pour 50 millions d’euros, comprenant notamment la modernisation des loges, des salles de presse, la pose dans le stade de grands écrans et d’un éclairage plus efficient… Un programme que Vinci et Bouygues jugent bien ambitieux pour le montant proposé.

Le surf, le VTT et les sports additionnels :
Si la majorité des compétitions sportives se disputera à moins de 10 kilomètres du village olympique, il en est d’autres qui, par nature, auront lieu loin des sites franciliens. Le surf, par exemple, fait l’objet d’une forte concurrence entre les candidatures : trois dans le Sud-Ouest, une en Bretagne et la dernière à Tahiti, qui fait figure de favorite, contrairement au souhait de Thomas Bach, le président du CIO, qui privilégie un site « proche du cœur des Jeux » à Paris. Le choix du lieu du surf pourrait être connu lors d’un conseil d’administration, le 12 décembre, du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024.
Par ailleurs, la colline d’Elancourt (Yvelines), pressentie pour accueillir les épreuves de VTT a vu surgir ces dernières semaines un adversaire de taille : Chamonix. La ville de Haute-Savoie fait valoir que des images de VTT avec pour arrière-plan le massif du Mont-Blanc seraient du meilleur effet, cent ans après les premiers Jeux d’hiver dans la même ville. D’autant que la candidature d’Elancourt suppose de raser 10 hectares de forêt pour réaliser la piste. Difficilement soutenable pour des Jeux qui se veulent exemplaires en matière environnementale.

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